
Greta Schödl
À propos de l’exposition
· Voir l’original*Greta Schödl (1929) fait partie des voix remarquables de la « poésie visuelle ». Avec son écriture caractéristique, l'artiste recouvre les matériaux les plus variés de mots et de signes. Par une répétition méticuleuse, elle transforme les mots en motifs ornementaux, entre image écrite et abstraction. Il en résulte des structures visuelles rythmiques et méditatives, d'une validité intemporelle.
Greta Schödl développe depuis les années 1960 un langage visuel autonome dans lequel l'écriture joue le rôle central. Depuis sa participation très remarquée à la Biennale de Venise en 2024, l'œuvre de l'artiste suscite un intérêt public accru.
Schödl utilise de vieilles pages de livres, du papier fait main, de la toile, du bois, de la pierre, ainsi que des objets du quotidien usagés tels que torchons, draps ou planches à repasser comme supports de sa condensation linguistique. Le nom propre du matériau lui sert souvent de point de départ : ainsi, elle recouvre par exemple un bloc de marbre du mot italien « marmo » (marbre). Elle inscrit le mot sur la surface selon une linéarité stricte, de gauche à droite. Dans une répétition presque méditative, elle écrit lettres et signes jusqu'à ce qu'ils perdent leur lisibilité sémantique et se transforment en structures d'images rythmiques. Chez Schödl, l'écriture apparaît comme matériau, comme trace et comme rythme – comme quelque chose qu'on regarde plutôt qu'on ne lit.
De fins accents dorés, que Schödl aime placer dans les espaces ouverts des voyelles, rythment le tissu scriptural et l'allègent visuellement. Elle considère aussi son propre corps comme source de signes : empreintes de pouces, lignes de la main, empreinte de la poitrine ou des lèvres – tout cela devient chez l'artiste des caractères d'écriture.
Avec son œuvre, Schödl franchit les frontières entre poésie, peinture et art conceptuel. En 2026, l'artiste fête à la Landesgalerie Niederösterreich sa première exposition muséale en Autriche. L'exposition retrace, à travers quelque 150 œuvres de Schödl, son évolution artistique des années 1950 à aujourd'hui.
Originaire de Hollabrunn, Schödl s'installe à Bologne à la fin des années 1950 et fait de l'Italie, jusqu'à aujourd'hui, le centre de sa vie. Après ses études dans la classe de textile de l'Akademie für angewandte Kunst in Wien, Schödl réalise d'abord des feuilles abstraites, dans lesquelles des lignes finement conduites forment l'élément central de la composition. Puis elle développe à Bologne une union autonome de l'écriture et de l'image et s'impose comme une représentante importante de la poésie visuelle. Elle est notamment présente à la Biennale de Venise (1978, 2024) et à la Biennale de São Paulo au Brésil (1981).
L'exposition rassemble tous les grands groupes de son œuvre. On compte parmi eux les séries graphiques « Schwingungsfelder » des années 1980 ou « Vibrationi » des années 1970, dans lesquelles elle rend visibles des circuits énergétiques invisibles. Sont présentés dessins, peintures, nombreuses œuvres sur papier, divers objets sculpturaux, pierres de marbre ainsi que des photographies de performances. Dans sa performance « Tubo », Schödl traverse Bologne avec un rouleau de carton surdimensionné. Cette action peut être comprise comme un acte puissant d'affirmation de soi. La série graphique ample et très personnelle des « Traumbilder » est présentée pour la première fois au public à la Landesgalerie.
Commissaires : Gerda Ridler et Berthold Ecker



